Impayés de charges en copropriété : le guide complet et indispensable pour agir étape par étape en 2026 

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Les impayés de charges en copropriété touchent toutes les copropriétés — même les mieux gérées. La question n’est pas si ça va arriver, c’est quand. Et surtout : qu’est-ce qu’on fait ?

La bonne nouvelle : il existe une procédure claire, étape par étape, avec des outils juridiques puissants. Le syndicat des copropriétaires n’est pas démuni face aux impayés — loin de là.

La mauvaise nouvelle : beaucoup de syndics bénévoles attendent trop longtemps, ne formalisent pas les relances, ou ignorent les délais légaux. Résultat : la créance se prescrit, le débiteur disparaît, ou la procédure est annulée pour vice de forme.

Dans ce guide complet, on vous explique chaque étape des impayés de charges en copropriété — de la première relance amiable jusqu’aux mesures d’exécution forcée — avec les textes de loi, les délais exacts et les erreurs à éviter. Sans jargon. Avec des exemples concrets.

Cliquez sur chaque étape pour le détail juridique. Survolez les termes soulignés pour les définitions.

Impayé constaté Point de départ

Un copropriétaire n’a pas réglé sa provision à la date d’exigibilité

Quand agir ? Dès le premier impayé à la date d’exigibilité. En pratique, attendez 15 jours avant de contacter.

Délai de prescription : 5 ans à compter de la date d’exigibilité. Au-delà, la créance est éteinte et irrécupérable.

Qui agit ? Le syndic bénévole — c’est une obligation légale de gestion.

Art. 2224 Code civil — prescription 5 ans

Étape 1 — Relance amiable Amiable

Téléphone, email ou courrier simple — proposer un échéancier

Objectif : Résoudre sans conflit ni frais.

Comment ? Appel téléphonique d’abord, puis email ou courrier. Si le copropriétaire est de bonne foi, proposez un échéancier de paiement.

Durée : 15 à 30 jours maximum avant de passer à l’étape suivante.

Important : Documentez chaque échange — date, contenu, réponse. Utile en cas de procédure ultérieure.
Pas de règlement dans les 15-30 jours

Étape 2 — Mise en demeure Pré-judiciaire

LRAR obligatoire — délai 30 jours — frais à la charge du débiteur

Forme : LRAR ou LRE (même valeur légale, bien moins chère).

Contenu : Détail des sommes dues, nature des provisions, délai de 30 jours.

Effet après 30 jours : La déchéance du terme s’applique — toutes les provisions non échues deviennent immédiatement exigibles.

Frais : À la charge exclusive du débiteur, pas du syndicat.

Art. 19-2 loi 1965 (déchéance du terme) — art. 10-1 loi 1965 (frais débiteur)

30 jours sans réponse → déchéance du terme acquise
Créance ≤ 5 000 €

Étape 3a
Conciliation obligatoire Obligatoire

Avant tout recours judiciaire

Obligatoire : Pour toute créance ≤ 5 000 €, une tentative de résolution amiable est obligatoire avant le juge.

Options :
Conciliateur de justice (gratuit)
— Médiateur (payant)
— Procédure participative avec avocat

Art. 750-1 Code de procédure civile

Créance > 5 000 €

Étape 3b
Procédure judiciaire Judiciaire

Art. 19-2 — Tribunal Judiciaire

Procédure accélérée au fond (art. 19-2) : Condamnation rapide par le président du Tribunal Judiciaire.

Conditions : Budget voté en AG + défaillance constatée après LRAR.

Délai : 1 à 3 mois.

Alternative : Injonction de payer — plus rapide pour les créances incontestables.

Art. 19-2 loi 1965 — art. 1405 à 1425 NCPC

Étape 4 — Mesures d’exécution Exécution forcée

Saisie, super-privilège, opposition lors de la vente du lot

Saisie : Le commissaire de justice saisit le salaire ou le compte bancaire du débiteur après jugement exécutoire.

Super-privilège du syndicat : Le syndicat prime sur presque tous les créanciers pour les charges de l’exercice en cours et des deux exercices précédents.

Opposition lors de la vente : Les sommes dues sont prélevées sur le prix de vente avant paiement au vendeur.

Art. 2374 Code civil (super-privilège) — art. 20 loi 1965 (opposition vente)

Si les impayés atteignent le seuil légal à la clôture des comptes

⚠ Alerte — Mandataire ad hoc Obligation légale

Art. 29-1A — Saisine obligatoire du tribunal dans le mois suivant la clôture

Seuils légaux :
25% des sommes exigibles → toutes les copropriétés
15% des sommes exigibles → copropriétés de plus de 200 lots

Attention : Les sommes exigibles le mois précédant la clôture ne comptent pas comme impayées pour ce calcul.

Obligation du syndic : Informer le conseil syndical ET saisir le tribunal dans le mois suivant la clôture. Le non-respect engage la responsabilité civile personnelle du syndic.

Mandataire ad hoc : Premier niveau d’intervention judiciaire — analyse et plan de redressement.

Art. 29-1A loi 1965 — art. 61-2 décret 17 mars 1967

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Astuce ZEYRIX

Dans ZEYRIX, les appels de fonds, relances et LRE sont centralisés dans le tableau de bord financier afin d’identifier immédiatement les copropriétaires débiteurs.

Avant de sortir le recommandé, prenez 5 minutes pour comprendre exactement ce que vous réclamez. Une procédure mal engagée sur une dette mal qualifiée peut être annulée par le juge.

Toutes les charges ne se traitent pas de la même façon.

Les charges courantes sont les provisions trimestrielles sur le budget prévisionnel voté en AG — entretien, assurance, électricité des parties communes. Elles sont exigibles le 1er jour de chaque trimestre, automatiquement.

Les charges exceptionnelles sont les appels de fonds pour des travaux votés en AG ou les cotisations au fonds de travaux. Elles sont exigibles selon le calendrier voté.

Dans les deux cas, la procédure est la même — mais le montant réclamé doit correspondre exactement aux résolutions votées en AG. Si ce n’est pas le cas, le juge peut rejeter la demande.

Dès que la date d’exigibilité est dépassée et que le paiement n’est pas arrivé. Pas besoin d’attendre un mois, deux mois, ou une mise en demeure préalable. Le premier jour de retard, c’est un impayé.

En pratique, on attend 15 jours avant de contacter le copropriétaire — pour laisser la place à une erreur de virement ou un oubli. Mais juridiquement, le délai court dès le premier jour de retard.

Vous avez 5 ans pour réclamer des charges impayées en copropriété — c’est le délai de prescriptioniDélai légal au-delà duquel une créance ne peut plus être réclamée en justice. Passé ce délai, la dette est éteinte — même si elle est réelle. Le débiteur peut opposer la prescription au juge, qui rejettera la demande. légal fixé par l’article 2224 du Code civil. Ce délai court à compter de la date d’exigibilitéiDate à laquelle le paiement était dû — le 1er jour du trimestre pour les provisions courantes. C’est à partir de cette date que le délai de 5 ans commence à courir, pas à partir du jour où vous constatez l’impayé. de chaque provision — pas du jour où vous constatez l’impayé.

⚠ Exemple concret : si un copropriétaire n’a pas payé la provision du 1er janvier 2021, vous avez jusqu’au 1er janvier 2026 pour agir en justice. Passé ce délai, c’est perdu — même si la dette est réelle et documentée.

La relance amiable c'est l'étape que tout le monde veut brûler pour aller direct au recommandé. C'est une erreur. Un copropriétaire qui ne paie pas n'est pas forcément de mauvaise foi — un virement oublié, un changement de RIB, une situation personnelle difficile. Le contact humain résout souvent le problème en 48 heures, sans frais, sans tension.

Et même si ça ne marche pas, cette étape vous protège. Un juge regarde toujours si le syndicat a fait preuve de bonne foi avant de saisir la justice.

Appelez d'abord. Un simple appel : "Bonjour, nous n'avons pas reçu votre provision du 1er trimestre, est-ce qu'il y a un problème ?" Dans la moitié des cas, c'est réglé dans la semaine.

Si pas de réponse au téléphone, envoyez un email ou un courrier simple — pas de recommandé à ce stade. Gardez une trace écrite de chaque tentative de contact.

Documentez tout : date de l'appel, résumé de la conversation, réponse obtenue. Ces éléments seront précieux si vous devez aller en justice.

Si le premier contact ne donne rien, envoyez un courrier simple ou un email avec le détail des sommes dues. Pas de mise en demeure, pas de menace — juste un rappel factuel et courtois.

Modèle simple : "Nous vous rappelons que la provision de [montant] € appelée le [date] n'a pas été réglée à ce jour. Nous vous remercions de régulariser cette situation dans les meilleurs délais ou de prendre contact avec nous pour convenir d'un arrangement."

Si le copropriétaire répond et invoque des difficultés financières, vous pouvez proposer un échéancier de paiement. Ce n'est pas une obligation légale — c'est une décision de gestion.

Un bon échéancier : durée raisonnable (3 à 6 mois maximum), versements réguliers, confirmation écrite signée des deux parties. Si le copropriétaire ne respecte pas l'échéancier, vous passez directement à la mise en demeure sans recommencer depuis zéro.

La mise en demeure c'est le vrai déclencheur juridique. Avant ça, vous avez essayé. Maintenant vous formalisez. C'est un acte qui a des conséquences légales précises — et qui ouvre la voie à la procédure judiciaire si le copropriétaire ne réagit pas.

La mise en demeure doit être envoyée par LRAR ou LRE. Pas d'email simple, pas de courrier ordinaire — sinon elle n'a aucune valeur juridique.

Elle doit mentionner obligatoirement : le détail précis des sommes dues provision par provision, la nature de chaque appel de fonds, et un délai de 30 jours pour régulariser.

La date de première présentation de la LRAR au domicile du copropriétaire fait foi — c'est à partir de cette date que le délai de 30 jours commence à courir, même si le copropriétaire ne la retire pas.

Si le copropriétaire ne règle pas dans les 30 jours suivant la mise en demeure, la déchéance du termeiMécanisme légal (art. 19-2 loi 1965) qui rend immédiatement exigibles toutes les provisions non encore échues de l'exercice en cours. Concrètement : si le copropriétaire doit 4 trimestres et n'en a payé qu'un, les 3 trimestres restants deviennent tous dus immédiatement — même ceux qui ne sont pas encore arrivés à échéance. s'applique automatiquement. Vous pouvez alors réclamer en justice non seulement les sommes déjà dues, mais aussi toutes les provisions futures de l'exercice en cours.

Les frais engagés pour le recouvrement — mise en demeure, relances, frais d'huissier — sont à la charge exclusive du débiteuriLa personne qui doit de l'argent — ici le copropriétaire qui n'a pas réglé ses charges. Le débiteur est distingué du créancier qui, lui, réclame le paiement (ici le syndicat des copropriétaires)., pas du syndicat. Les autres copropriétaires n'ont pas à supporter ces coûts. C'est l'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965.

30 jours passés, pas de réponse, pas de paiement. La déchéance du terme est acquise. On passe au judiciaire. Pas de panique — c'est une procédure rodée, et le syndicat des copropriétaires a des outils puissants.

Si la créance est inférieure ou égale à 5 000 €, vous ne pouvez pas saisir directement le juge. Une tentative de résolution amiable est obligatoire — soit via un conciliateur de justice (gratuit), soit via un médiateur (payant), soit via une procédure participative avec avocat. Sans cette étape préalable, le juge rejettera votre demande.

Au-delà de 5 000 €, vous pouvez aller directement en justice.

Pour les créances incontestables — c'est-à-dire quand le copropriétaire ne conteste pas devoir l'argent — l'injonction de payer est la procédure la plus rapide. Vous déposez une requête au greffe du tribunal, sans audience. Le juge examine le dossier et rend une ordonnance. Délai habituel : 1 à 2 mois.

La procédure accélérée au fond iProcédure prévue par l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965. Le président du Tribunal Judiciaire condamne le copropriétaire défaillant rapidement, sans audience contradictoire longue. Conditions : budget voté en AG + défaillance constatée après LRAR infructueuse pendant 30 jours. de l'article 19-2 est la voie royale pour les créances supérieures à 5 000 €. Le président du Tribunal Judiciaire examine le dossier et condamne le copropriétaire défaillant — généralement en 1 à 3 mois. Pas besoin d'une longue procédure contradictoire.


Le juge peut également condamner le copropriétaire aux dépens et aux frais de recouvrement. Depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 15 janvier 2026, la mise en demeure doit indiquer avec précision la nature et le montant des provisions réclamées — sans ça, la procédure peut être rejetée. Soignez votre mise en demeure.

Quand la créance est contestée — le copropriétaire prétend ne pas devoir l'argent, conteste le montant, ou invoque une irrégularité de l'AG — l'injonction de payer ne suffit pas. Il faut une assignation au fond devant le Tribunal Judiciaire.

C'est plus long (6 à 18 mois), plus coûteux, et nécessite généralement un avocat. Mais c'est la seule voie quand le litige est réel. Le juge examine les arguments des deux parties et tranche.

En pratique, les cas complexes sont rares en copropriété — la plupart des impayés de charges sont incontestables. Si le budget a été voté en AG et que l'appel de fonds est conforme, le copropriétaire a très peu de moyens de contester.

Dis-moi quand c'est collé, on passe à H2 — Étape 4 : Les mesures d'exécution avec les tooltips super-privilège et commissaire de justice.

Vous avez un jugement. Le copropriétaire ne paie toujours pas. Maintenant on sort les vrais outils.

Après jugement exécutoire, le commissaire de justice peut saisir directement le salaire ou le compte bancaire du débiteur. Pas besoin de l'accord du copropriétaire — c'est une mesure forcée. L'employeur ou la banque est obligé de verser les sommes directement au syndicat.

Le syndicat des copropriétaires bénéficie d'un super-privilègeiDroit de priorité légal accordé au syndicat par l'article 2374 du Code civil. Le syndicat est remboursé EN PREMIER sur le prix de vente du lot, avant presque tous les autres créanciers — y compris la banque pour les charges de l'exercice en cours et des deux derniers exercices approuvés. sur le prix de vente du lot. Concrètement : si le copropriétaire vend son appartement, le notaire prélève automatiquement les sommes dues sur le prix avant de payer le vendeur. Le syndicat est remboursé en priorité — avant la banque, avant les autres créanciers.


Ce super-privilège couvre les charges de l'exercice en cours et des deux exercices précédents dont les comptes ont été approuvés en AG. C'est pourquoi il est essentiel de voter l'approbation des comptes chaque année — sans ça, le super-privilège ne s'applique pas sur les exercices concernés.


En pratique, le syndic envoie une oppositioniActe par lequel le syndic notifie au notaire chargé de la vente l'existence de charges impayées. Le notaire est alors obligé de bloquer les sommes correspondantes sur le prix de vente et de les verser au syndicat avant de payer le vendeur. au notaire chargé de la vente. Le notaire est obligé d'en tenir compte — il ne peut pas payer le vendeur sans avoir réglé les charges dues au syndicat.

Trois situations sortent du schéma classique et méritent une attention spécifique.

Si le copropriétaire a déposé un dossier de surendettement auprès de la Banque de France, toutes les procédures de recouvrement sont automatiquement suspendues — c'est ce qu'on appelle la suspension des poursuites. Vous ne pouvez plus lancer de saisie, ni même envoyer une mise en demeure pendant la durée d'instruction du dossier.

Ce n'est pas une impasse. Le syndicat doit déclarer sa créance auprès de la commission de surendettement dans les délais imposés — généralement 30 jours après notification. Si vous ratez ce délai, la créance peut être éteinte dans le plan de redressement. Déclarez systématiquement, même si vous doutez du montant exact.

Un lot dont le propriétaire est décédé et dont la succession n'est pas réglée pose un problème pratique : à qui envoyer la mise en demeure ? Aux héritiers — même s'ils n'ont pas encore accepté la succession. Si les héritiers sont inconnus ou introuvables, le syndic peut saisir le juge pour faire désigner un administrateur chargé de gérer le lot.

Pendant cette période, les charges continuent à courir. Documentez tout et ne laissez pas la situation traîner — plus la succession est longue, plus les impayés s'accumulent et plus le recouvrement devient complexe.

Après 25 ans de terrain, j'ai vu les mêmes erreurs se répéter. Voici celles qui coûtent le plus cher.

La bienveillance est une qualité. La passivité est un risque juridique. Beaucoup de syndics bénévoles laissent traîner les impayés par gêne, par peur du conflit, ou parce qu'ils espèrent que ça va se régler tout seul. Résultat : la créance grossit, le copropriétaire s'habitue à ne pas payer, et quand on agit enfin, la procédure est plus longue et plus coûteuse. Agissez dès le premier trimestre impayé — pas au bout du troisième.

Un email n'a aucune valeur juridique comme mise en demeure. Sans LRAR ou LRE, la déchéance du termeiMécanisme légal qui rend immédiatement exigibles toutes les provisions futures de l'exercice en cours dès que la mise en demeure est restée infructueuse 30 jours. Sans LRAR ou LRE valide, ce mécanisme ne peut pas être déclenché — et le juge rejettera votre demande. ne s'applique pas, et le juge peut rejeter votre demande. Cette erreur est courante et fatale — elle oblige à tout recommencer depuis zéro. Investissez dans une LRE — c'est quelques euros et ça vaut tous les emails du monde.

Sans approbation des comptes en AG, le super-privilège du syndicat ne s'applique pas sur les exercices concernés. Si le copropriétaire vend son lot, le notaire ne pourra pas retenir les sommes dues sur les exercices non approuvés. Votez l'approbation des comptes chaque année — c'est une obligation légale et une protection financière.

Un impayé isolé c'est un problème de gestion. Des impayés qui s'accumulent jusqu'à représenter 25% des sommes exigibles, c'est une crise financière. Et à ce stade, le syndic n'a plus le choix — la loi lui impose d'agir.

Dès que les impayés atteignent 25% des sommes exigibles à la clôture des comptes — ou 15% pour les copropriétés de plus de 200 lots — le syndic a une obligation légale : informer le conseil syndical et saisir le tribunal judiciaire pour désigner un mandataire ad hociProfessionnel désigné par le président du tribunal judiciaire pour analyser la situation financière de la copropriété et proposer un plan de redressement. Il ne remplace pas le syndic mais l'assiste. Sa rémunération est fixée par ordonnance du tribunal. C'est le premier niveau d'intervention judiciaire avant l'administrateur provisoire.. C'est l'article 29-1A de la loi du 10 juillet 1965.

Le syndic dispose d'un mois à compter de la clôture des comptes pour agir. Passé ce délai sans action, n'importe quel copropriétaire représentant 15% des voix peut saisir directement le tribunal. Et le syndic qui n'a pas agi engage sa responsabilité civile personnelleiLe syndic peut être tenu personnellement responsable du préjudice subi par les copropriétaires en raison de sa faute. Concrètement : si la copropriété subit un préjudice financier parce que le syndic n'a pas saisi le tribunal à temps, il peut être condamné à le réparer sur ses propres deniers..

⚠ Point souvent ignoré : les sommes devenues exigibles le mois précédant la clôture des comptes ne sont pas comptées comme impayées pour calculer ce seuil. Vérifiez le calcul exact avant de déclencher la procédure.

Pour aller plus loin sur ce sujet — procédure d'alerte, créances douteuses, administrateur provisoire — lisez notre guide dédié : Copropriété en difficulté : quand les impayés dépassent 25% →

Glossaire — les mots qu'on utilise dans cet article
Créance
De l'argent que quelqu'un vous doit. Dans cet article, c'est le montant des charges que le copropriétaire n'a pas payé. La copropriété est le créancier — elle réclame. Le copropriétaire qui n'a pas payé est le débiteur — il doit.
Débiteur
La personne qui doit de l'argent. Ici, c'est le copropriétaire qui n'a pas payé ses charges. Son opposé est le créancier — celui qui réclame le paiement, c'est-à-dire le syndicat des copropriétaires.
Date d'exigibilité
La date à laquelle le paiement est dû. Pour les provisions trimestrielles en copropriété, c'est le 1er jour de chaque trimestre (1er janvier, 1er avril, 1er juillet, 1er octobre). À partir de cette date, si le copropriétaire n'a pas payé, c'est officiellement un impayé.
Mise en demeure
Un courrier officiel envoyé par lettre recommandée qui dit au débiteur : "tu dois payer dans les 30 jours, sinon on va en justice". C'est une étape obligatoire avant de saisir le tribunal. Sans mise en demeure valide, le juge peut rejeter votre demande.
LRAR (Lettre Recommandée avec Accusé de Réception)
Un courrier postal envoyé via La Poste avec une preuve de livraison. Le facteur remet une carte à signer au destinataire. Si le destinataire ne la retire pas, ça compte quand même — la date de première présentation fait foi. C'est le mode d'envoi obligatoire pour la mise en demeure.
LRE (Lettre Recommandée Électronique)
La version numérique de la LRAR. Envoyée par email sécurisé, elle a exactement la même valeur légale qu'un recommandé papier depuis 2018. Elle coûte quelques euros contre plusieurs dizaines pour un recommandé papier. ZEYRIX intègre ce service via MySendbox.
Déchéance du terme
Un mécanisme légal qui rend immédiatement dues toutes les provisions futures de l'exercice. Imaginez que le copropriétaire devait payer 4 fois 500 € dans l'année et n'a payé que la première fois. Après la déchéance du terme, les 3 paiements restants — même ceux qui n'étaient pas encore dus — deviennent tous exigibles immédiatement. On peut tout réclamer en justice d'un coup.
Prescription (délai de prescription)
Une limite dans le temps pour agir en justice. En copropriété, vous avez 5 ans pour réclamer des charges impayées. Passé ce délai, c'est trop tard — même si la dette est réelle et documentée, le juge ne peut plus vous aider. C'est comme une date de péremption sur votre droit de réclamer.
Injonction de payer
Une procédure judiciaire rapide pour les créances incontestables. On dépose un dossier au tribunal sans audience. Le juge examine les preuves et rend une ordonnance condamnant le débiteur à payer. C'est plus rapide et moins cher qu'un procès classique — idéal quand le copropriétaire ne conteste pas devoir l'argent.
Super-privilège
Un droit de priorité légal accordé au syndicat des copropriétaires. Concrètement : si le copropriétaire vend son appartement, le syndicat est remboursé en premier sur le prix de vente — avant la banque, avant les autres créanciers. C'est comme une file d'attente où le syndicat passe devant tout le monde pour récupérer les charges dues.
Commissaire de justice
L'ancien huissier de justice. C'est un officier ministériel dont le rôle est d'exécuter les décisions de justice. Après un jugement, c'est lui qui peut aller saisir le salaire ou le compte bancaire du débiteur. Il intervient toujours après une décision de justice — il ne peut pas agir sans.
Conciliateur de justice
Une personne neutre et bénévole qui aide deux parties à trouver un accord sans aller au tribunal. Disponible gratuitement dans chaque tribunal. Pour les impayés inférieurs à 5 000 €, passer par un conciliateur est obligatoire avant de saisir le juge.
Mandataire ad hoc
Un professionnel désigné par le tribunal quand les impayés dépassent 25% des sommes dues (15% pour les copropriétés de plus de 200 lots). Il analyse la situation financière de la copropriété et propose un plan pour s'en sortir. Il ne remplace pas le syndic — il l'aide. C'est le premier niveau d'intervention judiciaire avant les mesures plus lourdes.
Responsabilité civile personnelle
Quand le syndic fait une erreur ou ne respecte pas ses obligations légales, il peut être condamné à payer lui-même les dommages causés — sur ses propres deniers, pas avec l'argent de la copropriété. C'est pour ça que respecter les délais légaux n'est pas optionnel.
Échéancier de paiement
Un accord entre le syndicat et le copropriétaire défaillant pour rembourser la dette en plusieurs versements. Ce n'est pas une obligation légale — c'est une décision de gestion. Si le copropriétaire ne respecte pas l'échéancier, on passe directement à la mise en demeure sans recommencer depuis zéro.
Créances douteuses
Des sommes que quelqu'un vous doit mais dont vous n'êtes plus sûr de pouvoir récupérer. En copropriété, quand un copropriétaire accumule les impayés depuis plusieurs mois sans réagir à vos relances, ses charges deviennent des "créances douteuses" dans vos comptes. Ça ne veut pas dire que vous abandonnez — ça veut dire que la comptabilité doit anticiper le risque de ne pas être remboursé. Concrètement, vous devez provisionner ces sommes dans vos comptes annuels, c'est-à-dire mettre de côté une somme équivalente pour ne pas afficher une trésorerie fictive. Si vous récupérez finalement l'argent, tant mieux — vous reprenez la provision. Si vous ne récupérez pas, vous l'avez déjà anticipé.
Ce qu'il faut retenir
  • → Agissez dès le premier trimestre impayé — pas au bout du troisième. La passivité est un risque juridique.
  • → La mise en demeure doit être envoyée par LRAR ou LRE — pas par email. Sans ça, la déchéance du terme ne s'applique pas.
  • → Après 30 jours sans réponse, toutes les provisions non encore échues de l'exercice deviennent immédiatement exigibles (art. 19-2 loi 1965).
  • → Pour les créances inférieures à 5 000 €, une tentative de conciliation est obligatoire avant de saisir le juge.
  • → Le syndicat dispose d'un super-privilège — il est remboursé en priorité sur le prix de vente du lot, avant presque tous les autres créanciers.
  • → Impayés à 25% des sommes exigibles (15% pour les copropriétés de plus de 200 lots) — le syndic doit saisir le tribunal dans le mois.
  • → Délai de prescription : 5 ans à compter de la date d'exigibilité. Passé ce délai, la créance est éteinte.

Les impayés de charges en copropriété ne se règlent pas en espérant que ça passe. Ils se règlent avec méthode, dans l'ordre, et sans attendre.

La bonne nouvelle : la loi est de votre côté. Le syndicat des copropriétaires dispose d'outils juridiques puissants — déchéance du terme, procédure accélérée, super-privilège, opposition lors de la vente. Des outils que les autres créanciers n'ont pas.

La mauvaise nouvelle : ces outils ne fonctionnent que si vous respectez les formes et les délais. Un email à la place d'une LRAR, une mise en demeure mal rédigée, un délai de prescription laissé expirer — et vous repartez de zéro.

En tant que syndic bénévole, vous n'avez pas à devenir juriste. Vous avez à connaître les étapes, à agir au bon moment, et à documenter chaque échange. Le reste — procédure judiciaire, saisie, opposition — c'est le rôle du commissaire de justice et de l'avocat si nécessaire.

Et si les impayés dépassent 25% de vos sommes exigibles, n'attendez plus — saisissez le tribunal. Ce n'est pas un aveu d'échec. C'est une obligation légale et une décision de gestion responsable.

FAQ
Combien de temps peut-on attendre avant d'agir contre un impayé de charges en copropriété ?
Le délai de prescription est de 5 ans à compter de la date d'exigibilité de chaque provision. Mais attendre 5 ans serait une erreur de gestion — plus vous attendez, plus la dette grossit et plus le recouvrement est difficile. En pratique, engagez la relance amiable dès le premier trimestre impayé.
Un email peut-il remplacer la lettre recommandée pour une mise en demeure ?
Non. La mise en demeure doit obligatoirement être envoyée par LRAR ou LRE pour avoir une valeur juridique. Un email simple ne déclenche pas la déchéance du terme et ne peut pas servir de preuve devant le tribunal. La LRE (Lettre Recommandée Électronique) a la même valeur légale qu'une LRAR papier et coûte bien moins cher.
Que se passe-t-il si le copropriétaire débiteur vend son appartement ?
Le syndic peut faire opposition auprès du notaire chargé de la vente. Les sommes dues sont alors prélevées directement sur le prix de vente avant paiement au vendeur. De plus, le syndicat bénéficie d'un super-privilège — il est remboursé en priorité sur les charges de l'exercice en cours et des deux exercices précédents approuvés en AG.
Les frais de procédure sont-ils à la charge de la copropriété ?
Non. L'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 prévoit que les frais nécessaires au recouvrement — mise en demeure, relances, frais de justice — sont à la charge exclusive du copropriétaire défaillant. Les autres copropriétaires ne supportent pas ces coûts.
À partir de quand le syndic doit-il saisir le tribunal pour les impayés massifs ?
Dès que les impayés atteignent 25% des sommes exigibles à la clôture des comptes — ou 15% pour les copropriétés de plus de 200 lots. Le syndic dispose alors d'un mois pour informer le conseil syndical et saisir le tribunal judiciaire pour désigner un mandataire ad hoc. Le non-respect de cette obligation engage sa responsabilité civile personnelle.
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Sources
E
Emmanuelle Calichiama
Fondatrice — ZEYRIX
Après 25 ans dans la gestion de copropriété, Emmanuelle accompagne les syndics bénévoles dans la compréhension et la gestion des impayés, des procédures de recouvrement et de la comptabilité de copropriété.

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