Pré-état daté 2026 en copropriété : la check-list complète pour vendre sans bloquer la vente

Vous vendez votre lot en copropriété, et votre notaire ou votre acquéreur vous réclame le pré-état daté ? Ce terme, qu’on entend partout, n’existe même pas tel quel dans la loi — c’est un raccourci pour désigner l’ensemble des documents et informations que vous devez fournir avant la signature du compromis de vente.

Le problème, c’est que la liste exacte est dispersée dans un article de loi technique, et qu’un document manquant a une conséquence très concrète : le délai de rétractation de l’acquéreur ne court pas tant que tout n’est pas réuni. Résultat, des ventes qui traînent ou se bloquent pour un PV d’assemblée générale égaré ou une info financière oubliée.

Dans ce guide, on détaille exactement ce que la loi exige, point par point, avec un générateur gratuit qui adapte automatiquement votre check-list selon votre situation — lot annexe, acquéreur déjà copropriétaire, ou copropriété au régime simplifié.

Le pré-état daté désigne l’ensemble des documents et informations que vous, le vendeur, devez remettre à l’acquéreur, au plus tard à la date de signature de la promesse de vente — compromis ou, à défaut, projet d’acte authentique.

Sa base légale est l’article L.721-2 du Code de la construction et de l’habitation, introduit par la loi ALUR de 2014. Contrairement à l’état daté — qui intervient plus tard et que seul le syndic peut établir — vous pouvez constituer ce dossier vous-même, en grande partie à partir des documents que vous avez déjà reçus au fil des assemblées générales.

Concrètement, ça mélange deux choses bien différentes qu’on a tendance à confondre : des documents à joindre(règlement de copropriété, PV d’AG, carnet d’entretien) et des informations chiffrées à indiquer (montant de vos charges, état des impayés, fonds de travaux). On détaille les deux séparément plus bas, parce que ça ne se traite pas pareil.

C’est le point le plus important à comprendre avant même de regarder le détail de la liste : ce n’est pas une simple formalité administrative, c’est un mécanisme qui a un effet direct sur le calendrier de votre vente.

L’article L.721-3 du même code prévoit que si les documents et informations ne sont pas remis à l’acquéreur au plus tard à la date de signature de la promesse, le délai de rétractation ne court qu’à partir du lendemain de leur communication effective. Concrètement, l’acquéreur garde son droit de se rétracter plus longtemps que prévu — ce qui peut retarder la suite de la transaction, créer de l’incertitude pour vous, et dans certains cas pousser l’acquéreur à se désister entre-temps.

Autre situation fréquente : si l’acte authentique n’est pas précédé d’une promesse de vente (vente directe), c’est le délai de réflexion qui ne court pas dans les mêmes conditions.

La bonne nouvelle, c’est que ce risque est entièrement sous votre contrôle — il suffit de réunir l’ensemble du dossier avant la signature, ce qui est précisément l’objet du générateur ci-dessous.

Cliquez sur chaque étape pour le détail juridique complet.

Mise en vente du lot Point de départ

Le vendeur prépare son dossier avant de signer le compromis

Qui agit : le copropriétaire vendeur, seul ou avec l’aide d’une agence.

Objectif : réunir les documents listés à l’article L.721-2 du CCH avant la signature du compromis — ce qu’on appelle couramment le pré-état daté.

Signature du compromis Pré-état daté

Documents remis à l’acquéreur au plus tard ce jour-là

Rédigé par : le vendeur lui-même, pas le syndic.

Contenu : fiche synthétique, règlement de copropriété, 3 derniers PV d’AG, charges des 2 derniers exercices, état des impayés, fonds de travaux, carnet d’entretien, DTG, plan pluriannuel de travaux.

Risque si absent : le délai de rétractation de l’acquéreur ne court pas — la vente peut être bloquée.

Art. L.721-2 et L.721-3 CCH

Demande au syndic Avant signature

Le notaire ou le vendeur sollicite l’état daté

Qui demande : le notaire chargé de l’acte, ou directement le copropriétaire vendeur.

Qui répond : exclusivement le syndic — bénévole ou professionnel, sans distinction légale.

Coût : plafonné à 380€ TTC pour un syndic professionnel ; la règle est moins tranchée pour un syndic bénévole, qui doit s’appuyer sur une décision votée en AG.

Établissement de l’état daté 3 parties

Sommes dues au syndicat, par le syndicat, et à charge de l’acquéreur

Partie 1 : ce que le vendeur doit encore au syndicat (provisions, impayés, avances).

Partie 2 : ce que le syndicat doit au vendeur (avances à rembourser, solde créditeur).

Partie 3 : ce qui incombera au nouvel acquéreur, avec une annexe sur l’historique et les procédures en cours.

Validité : moins d’un mois au moment de la signature.

Art. 5 décret 67-223, modifié par décret n°2025-1292 du 22 décembre 2025

Signature de l’acte authentique Vente finalisée

Le certificat de l’article 20 finalise la transaction

Dernier document : le certificat de l’article 20, attestant que le vendeur est libre de toute dette envers le syndicat.

Point de vigilance : ne pas le joindre à l’état daté si le vendeur n’est pas à jour de ses charges — le notaire devra alors notifier la vente au syndic pour l’obtenir.

Cliquez sur chaque étape pour afficher ou masquer le détail juridique

⚠️ La remise complète de ces documents et informations fait courir le délai de rétractation de l’acquéreur — un oubli peut suspendre la vente. Vous restez responsable de réunir l’ensemble de ces pièces, même celles à demander au syndic. Cette liste est une aide, pas une garantie de conformité absolue : en cas de doute, sollicitez votre notaire.
Situations particulières — répondez avant de continuer

Non exigés si l’acquéreur est déjà copropriétaire dans l’immeuble (sauf le c, jamais exigé pour un lot annexe).

a) Fiche synthétique de la copropriété i Disponible sur le Registre national des copropriétés (registre-coproprietes.gouv.fr), ou à demander au syndic.
b) Règlement de copropriété et état descriptif de division i Document reçu lors de votre achat. Y compris les actes modificatifs, s’ils ont été publiés.
c) PV des 3 dernières assemblées générales i À demander au syndic si vous ne les avez pas conservés. Non exigé si vous n’avez pas pu les obtenir auprès du syndic, ni pour un lot annexe.

Ce sont des informations chiffrées à fournir, pas des documents à joindre. Les b et c ne sont pas exigés si le syndicat relève du régime simplifié des petites copropriétés.

i Montant des charges courantes du budget prévisionnel et hors budget que vous avez payées, à jour de la dernière AG d’approbation des comptes.
i Provisions ou travaux votés qui deviendront exigibles après la vente, à la charge du nouveau propriétaire.
i À demander au syndic — information collective sur l’ensemble de la copropriété, pas seulement votre lot, à jour de la dernière AG d’approbation des comptes.
i Montant cumulé versé au fonds de travaux pour ce lot — reste attaché au lot, non remboursable au vendeur. À demander au syndic, à jour de la dernière AG.
i Montant de votre dernière cotisation au fonds de travaux pour ce lot.

Non exigés si l’acquéreur est déjà copropriétaire dans l’immeuble. Le 5° n’est dû que si un DTG a été réalisé ; le 7° ne s’applique qu’à défaut de PPT déjà adopté.

3° Carnet d’entretien de l’immeuble i Document tenu par le syndic, retraçant l’historique des travaux et contrats de l’immeuble.
4° Notice d’information droits/obligations des copropriétaires i Notice type dont le contenu est fixé par arrêté ministériel, généralement fournie par le syndic.
5° Conclusions du diagnostic technique global (DTG), si réalisé i Uniquement si un DTG a déjà été réalisé pour l’immeuble — pas obligatoire pour toutes les copropriétés. À demander au syndic.
6° Plan pluriannuel de travaux (PPT) adopté i Le PPT formellement adopté en assemblée générale, s’il existe.
7° À défaut, projet de PPT s’il a été élaboré i Uniquement si aucun PPT n’a encore été adopté, mais qu’un projet a déjà été élaboré par le syndic.

Ces diagnostics concernent les parties communes. C’est au syndic de les faire réaliser et de vous les transmettre.

Dossier technique amiante (DTA) des parties communes i Obligatoire si le permis de construire de l’immeuble est antérieur à juillet 1997.
DPE collectif de l’immeuble i Obligatoire si l’immeuble a un chauffage/climatisation collectif, ou pour les copropriétés de plus de 15 lots depuis 2025.
CREP plomb des parties communes i Obligatoire si du plomb a été détecté dans un logement de l’immeuble.

Ces diagnostics concernent uniquement votre lot — à commander auprès d’un diagnostiqueur certifié.

DPE individuel i Toujours obligatoire. Valable 10 ans.
Amiante i Obligatoire si permis de construire antérieur à juillet 1997. Validité illimitée si négatif.
Plomb (CREP) i Obligatoire si immeuble construit avant 1949. Validité illimitée si négatif, sinon 1 an.
Termites i Obligatoire uniquement en zone à risque déclarée. Validité 6 mois.
Électricité (installation de plus de 15 ans) i Validité 3 ans.
Gaz (installation de plus de 15 ans) i Validité 3 ans.
État des risques (ERP) i Toujours obligatoire. Validité 6 mois. Vous pouvez le remplir vous-même via errial.georisques.gouv.fr.
Mesurage loi Carrez i Obligatoire pour tout lot de plus de 8m². Sans limite de durée sauf travaux modifiant la surface.

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